Les juniors Vannetais : stage en équipe de Bretagne

Sélection Bretonne n maillot Blanc et Noir

Dans les années 1965-1970 il existait une compétition inter-région pour la catégorie Junior (aujourd’hui U18). La Bretagne était régulièrement confrontée à la Loire-Atlantique et à l’Orléanais. Dirigée par le (CTR (Conseiller Technique Régional) Lucien THOMAS, et encadrée par l’inénarrable Jean DUMOULIER (Voir article sur Jean) supervisée par Jean Louis BOUCHER, cette sélection était à forte majorité constituée de Vannetais, le RCV étant alors le mieux structuré pour cette catégorie d’âge. Lucien THOMAS organisera régulièrement des stages pour l’équipe sur le complexe sportif de Guerlédan, à Mur de Bretagne. Complexe dédié à la voile et aux canoës.

N’oublions pas que le Breton est un bon navigateur…
Enfin, pas toujours …(MICHEL BORDERON)
Pas de problème quand il y a du vent…
Sinon il faut ramer …

A propos de vent et de rame, replongez vous dans l’histoire, les Vénètes perdant leur bataille navale contre les Romains, faute de vents, et ce fut la galère…(Voir page « de Jules César à 1950)

Z’en foutent pas lourd !
Après, faut ranger !
Des distractions le soir à Mur de Bretagne, y en a pas des masses…
Alors on fait n’importe quoi !
Mais çà vous soude une équipe
Même si c’est un peu flou

Saison 1971 1972 On a frôlé le BREXIT !

Anecdote à propos de Fareham :

Fareham est la ville anglaise jumelée à Vannes. A ce titre, lors du premier voyage en notre bonne ville de Vannes, la délégation anglaise comprenait une équipe de rugby, qui, comme le laisse voir la photo, comprenait plus de fêtards que d’athlètes. C’est Gordon TWAITHES, irlandais de souche, qui dirigeait cette équipe. Leur séjour commença comme il se doit par une réception dans les superbes salons de la Mairie, et bien évidemment Mr le Maire, à l’époque Raymond MARCELLIN, également Ministre de l’intérieur, se devait de faire un discours d’accueil. Souhaitant personnalisé son discours par une phrase sympathique en Anglais, il s’adressa discrètement à Gordon TWAITHES, lui demandant s’il y avait un mot ou une phrase chaleureuse pour souhaiter la bien venue, en Anglais. Toujours prêt à s’amuser, Gordon lui suggéra « Welcome Shagasse ! » Je ne garantis pas l’orthographe du 2ème terme, mais j’en connaissais le sens. Shagasse est une expression vulgaire pour désigner un individu homosexuel du plus mauvais genre. Raymond MARCELLIN, heureux de pouvoir montrer sa culture britannique, lanca un vibrant « Welcome shagasse » qui figea l’assemblée, avant de voir ses invités se distinguer entre ceux qui éclatèrent de rire, et ceux qui doivent encore se demander si la guerre de cent ans n’était pas finie ! Beau joueur, notre maire-ministre n’en voulu pas à Gordon, et l’histoire de finira devant une coupe de champagne.

Gordon TWAITHES, un personnage hors normes

Saison 2006/2007 : Président HP GARNIER

Saison 2007/2008 : Président HP GARNIER

Saison 2008/2009 : Président Alain BERTHE

Saison 2009/2010 : Président Alain BERTHE

Saison 2010/2011 : Président Alain BERTHE

Saison 2011/2012 : Président Alain BERTHE

Saison 2012/2013 : Président François COVILLE puis François CARDRON

Saison 2013/2014 : Président François CARDRON

Saison 2014/2015 : Président François CARDRON

Saison 2015/2016 : Président François CARDRON (montée en Pro D2)

Il fallait y croire !

De 1964 à la lune….

170px-john_f-_kennedy_speaks_at_rice_university        « We choose to go to the Moon »

12 septembre 1962 John Fitzgerald KENNEDY Président des Etats Unis d’Amérique décide d’engager un programme de conquête spatiale devant permettre à un américain de mettre un pied sur la lune avant 1970.

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« That’s one small step for [a] man, one giant leap for mankind »

Le 21 juillet 1969, jour de mes 19 ans, Neil Amstrong posait le pied sur la lune.

Ce soir, s’il fait beau, levez la tête vers le ciel, et si la lune est dans le coin, prenez 5 minutes et mettez vous à la place de ces centaines de milliers d’hommes qui depuis des siècles lorgnaient sur cette planète avec la gourmandise d’un enfant lorgnant le pot de confiture que sa grand mère à posé trop haut sur l’étagère ! Et prenez conscience du chemin qu’il fallait parcourir pour arriver là haut !

Mais nous aussi on avait nos rêves ….

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Mais personne n’y croyait.

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Sauf quelques uns ….

6

Mais un beau jour…

ab kennedy

 

Ça les a à nouveau bien fait rire !

il rigolent

Mais pas longtemps…

TALEAU CHASE

 

bigouden

 

 

En attendant les anecdotes des anciens sur cette période, voici quelques photos :

Saison 69/70 : en fin de saison, 1ère montée en 3ème Division

Match de poule : Vannes – St Brieuc : 19-0vannes st brieuxc.png

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Qualification contre les Sables d’Olonne : 18-5qualif les sables.pngqualif les saables.pngImage1.png

Un passionné : Jean DUMOULIER

Jean coule une retraite heureuse en bord de mer, à plus de 80 ans.

Ce fut sans doute un des acteurs décisifs pour l’évolution du Club dans la décennie 60/70.

coach Jean, si tu lis ce blog, envoi nous vite ta photo.

Jean a été le créateur de l’école de Rugby. La première pierre.

Ce n’était pas vraiment une « école »…

Juste un assemblage de jeunes joueurs découvrant un nouveau sport.

Hyper actif, jamais découragé, filou comme çà n’est pas possible, l’œil malin du renard qui va se faire un canard (dans le pays d’origine de Jean, c’est le canard qui prédomine) il était le prototype du talonneur, débrouillard, teigneux, pas menteur parce que convaincu de ses propres entourloupes, son vieil armagnac récompensant nos plus beaux succès.

Jean n’était pas spécialement un technicien du Rugby. Il compensait ceci par un enthousiasme sans borne.

Sa principale directive était : « Pas de voyage pour rien ».

Autrement dit, si par hasard tu as réussi à entrer dans le périmètre décisif de l’adversaire et qu’il ne peut plus t’échapper, même s’il n’a plus le ballon, explose le !

Jean encadrait également la sélection de Bretagne Junior (aujourd’hui U18). On y retrouvera son empreinte à l’occasion d’un déplacement à Blois pour rencontrer l’Orléannais.

Voyage en train, et changement à Nantes, où il fallait faire vite.

Pas de problème, Jean nous fait monter rapidement dans un autorail, où on avait toute la place qu’il fallait pour s’installer à l’aise, et heureux d’être arrivé à temps au moment où les hauts parleurs annonçaient le départ du train quai 2 pour Blois. Un instant nous avons eu l’illusion que c’était notre autorail qui partait…

Mais nous étions quai 1, dans un train qui venait d’arriver de Blois. Et y retournera 6 heures plus tard

ponts-de-neige_001.jpgArrivée à minuit, sous la neige, et bien sûr le car qui devait nous amener à l’hôtel n’était plus là, donc une heure de marche dans et sous la neige qui redoublait.

Au point que le lendemain le terrain tracé au balai dans la neige a été déclaré injouable.

Pas de voyage pour rien !

Et c’est le ventre vide (l’hygiène de vie du sportif recommandant alors un déjeuner léger et « biscotté » avant le match) que nous sommes rentré à Vannes.

Ce match contre l’Orléanais fut reporté, mais à Vierzon

 

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Vous ne voyez ici qu’une patate ?

 

Jean, lui, en fera un instrument incontournable pour optimiser ses compositions d’équipes

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La sélection bretonne juniors était alors composée à 40 % de Vannetais, 30 %  de Lorientais, le reste de  Brest, Le Rheu, Rennes…

Mon frère Jacques, né en mars 1949, était trop âgé pour y jouer, tout comme Pierre Loussouarn, pompier professionnel et boxeur amateur.

Mais Jean s’était persuadé qu’ils apporteraient un plus à l’équipe.

Par ailleurs étaient présents dans l’équipe de l’Orléanais 2 frères qui avaient joué à Vannes  2 ans auparavant, les frères Rieux.

Il fallait donc être prudent, surtout vu le caractère officiel de la rencontre.

Mais pas de quoi inquiéter Jean.

Il avait « la patate » !

Aussi la veille du match, dans l’hôtel où nous étions descendus, le voilà se positionner dans le hall d’entrée de l’hôtel, d’où il était persuadé pouvoir prévenir toute tentative d’évasion de notre part. Puis muni d’un Opinel ayant sans doute égorgé plus d’un canard voué à devenir magret,

canard.gifTraduction de « Coin » : « Non, mais ça va pas de faire l’éloge d’un sérial killer dont les mains sont encore tachées du sang rouge d’innocents bipèdes aquatiques dont le seul défaut est d’avoir chair savoureuse, surtout avec des pommes sarladaises » https://youtu.be/3nBgUako5Tg

NB : Si vous doutez de la qualité de la traduction, sachez qu’une des particularités du langage des canards, en particulier de ceux qui sont enchaînés, est de vous traduire en peu de mots des mets faits que d’autres écrivent par chapitres entiers.

 

Bon, avec tout çà je perds le fil…

Ah oui, donc voilà Jean en train de sculpter une ½ patate (pas forcément sarladaise), pour en obtenir la copie conforme du tampon de la FFR. (Mais avec le magret, sarladaise, c’est mieux)

Un peu d’encre noir, de l’eau chaude pour remplacer une photo, et voilà Jacques 6 mois plus jeune que moi ! Et sélectionnable ! (On peut faire de simples pommes, c’est moins riche, et moins goûteux)

La seconde cartouche nommée Pierre Loussouarn s’était discrètement changé avec nous, puis s’était subrepticement (Cà relève le texte ! Pierre, lui, n’avait rien de subreptice…) glissé dans les toilettes.

Je ne sais plus qui était le sacrifié, mais il joua bien son rôle, juste après le contrôle des licences en se rendant subrepticement (Je suis bon pour le Goncourt) aux WC. Echange rapide et subreptice du maillot numéroté et voilà Pierre sur le terrain. (De toute façon, évitez les frites…Avec du bœuf, oui, pas avec du canard !)

Jean en fit bien d’autres, à vous de jouer !

 

Pour la sarladaise, il vous faut :

– 500 g pommes de terre qui se tiennent (charlotte par exemple)
– 50 g de graisse de canard ou d’oie
– 1 gousse d’ail
– 2 cuillères à soupe de persil
– 250 g decèpes ou girolles

 

Et bien sûr un canard !

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Traduction de couin : « Pas obligé ! Essayez avec du poulet !  C’est encore meilleur ! »

 

 

SARTROUVILLE

L’anecdote date des années 70, en 3ème Division.

On tombait régulièrement dans une poule avec 4 ou 5 clubs  Parisiens, dont, cette année là, le club de POISSY.

A l’époque, les matches se jouaient le dimanche, et durant quelque temps les déplacements sur Paris se feront en car-couchette, avec Dédé, notre chauffeur patenté.

Le premier voyage en car-couchette sera un fiasco, le dirigeant responsable du déplacement fera arrêter le car au milieu de la nuit, pour que les joueurs dorment bien. résultat les joueurs ont bien dormis, mais tout le trajet restait à faire !

Dédé, lui, avait une technique particulière pour qu’on dorme bien : il ne s’arrêtait pas au feux rouges !

Ce jour là, on avait bien dormis, et on était arrivé à l’entrée de POISSY vers 8h. C’était le Président Gustave CAP qui dirigeait la manœuvre. Voulant trouver un café ouvert un dimanche matin, pour boire…un café, il fait arrêter Dédé sur un parking où se tenait un marché. C’était un de nos plaisirs dans ces déplacements à Paris, de se balader dans ces marchés très fréquentés.

POISSY est une ville fortement industrialisée, entre autre en automobile.

CAARTE POISSY  On vous met la carte, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est pas à POISSY qu’on vient passer ses vacances !

La suite en dessin, pour ceux qui n’aiment pas lire …

Voilà donc notre Président descendre du car et se renseigner auprès d’un  » Pisciacais »

Sartrouville 1

Il n’est pas dans nos intentions de nous moquer de l’accent de la personne qu’il a interrogé, Mr CAP, Breton pure souche, avait lui même un accent finistérien prononcé.

Ce qui nous donna le résultat suivant :

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On a quand même réussi à trouver un café !

Le MERO, premier international formé au RCV

Jean Jacques LE MERO

International junior au poste de 3/4 aile en 1970 contre l’Angleterre et le Pays de Galles

Les années 65 à 75 seront marquées par un trio d’attaque jeune et efficace, Bernard Gauthier à l’ouverture, Jean Jacques Le Mero et Michel Cap au centre.

Jean Jacques pratiquait également le triple saut, et avait battu en 1968 le record d’Europe junior de la discipline. Ce qui lui a valu de gagner un voyage aux Jeux Olympiques de Mexico, sans doute l’un des tout meilleur JO jamais organisé, avec le saut de Beamon, le Fossbury Flop, et les poings gantés de noir des sprinters américains.

Jean Jacques était un véritable athlète doté d’un sens du jeu hors du commun.

Sa sélection en équipe de France Junior a failli nous coûter l’accession en 3ème division. En effet seuls les vainqueurs des 1/4 de finale pouvaient y accéder.

Nous avons battu les Sables en 1/8ème, et devions rencontrer Lormont en 1/4. Mais Jean Jacques présent contre les Sables, jouait en équipe de France le dimanche suivant.

Pour pallier à son absence Jean Louis Bouché a fait glisser Yves Tanguy au centre, et m’a fait rentrer en 3/4 aile. Ce qui fait qu’avec Jacques Poulain à l’autre aile, nous avions 2 « 3ème lignes » en « 3/4 ailes ».

Pas de problème en 1ère mi temps, vent dans le dos. Mais en seconde mi temps l’ouvreur en face a vite compris à qui il avait à faire et nous a bombardé copieusement. On a perdu le match avec un essai sur chaque aile !

Moral au plus bas pendant 8 jours, mais heureusement la Fédé décidera de doubler les effectifs en 3D, et nous serons repêchés !

Interview de Jean BODARD

A l’heure ou cet article est écrit (le 25 février 2019 à 19h) Jean BODARD est âgé de 90 ans et toujours en forme !

Jean a géré un des meilleurs restaurant de Vannes, « La Marée Bleue », aujourd’hui disparu. On y a croisé en octobre 1987 Philippe NOIRET, Philippe de BROCA et Sophie MARCEAU, venus tourner le film « Les Chouans », dont certains de nos joueurs ont été figurants;

Le fils du cuisinier de la Marée Bleue deviendra un redoutable 2ème ou 3ème ligne en cadet, junior puis senior à Vannes, avant d’être recruté par un club de 1ere division (il n’y avait pas de TOP 14 à l’époque)

L’image n’est pas très bonne, mais l’interview est intéressante pour garder la mémoire de cette période de fondation du club